La Collégiale de Pierre Girard prône encore sur notre village, attise la curiosité ( visites guidées largement suivies) . Elle permet divers rassemblements ( réussite des différents concerts à l'occasion du 600 ième anniversaire de sa construction).
L'équipe du patrimoine vous propose de découvrir ce personnage haut en couleur.
I - Un des personnages le plus mêlé aux affaires du Grand Schisme d'Occident, est un nommé Pierre Girard, qui, de l'emploi modeste de clerc de la chambre du pape, s'éleva progressivement au siège épiscopal de Lodève ( 17 octobre 1382 ), à celui du Puy ( 15 juillet 1384 ), enfin au rang de cardinal ( 17 octobre 1390 ).
GIRARD Pierre, fils de Barthélemy, naquit en l'année 1330. Ce sont les études de droit qui vont constituer pour Pierre le chemin de la grandeur. Admis bachelier en 1362, il décroche la licence en 1369 à l'Université de Toulouse et enseigne à l'Université d'Avignon tout en commençant à fréquenter la curie. Dès lors, connu dans les milieux curiaux, l'ascension est rapide.
Grégoire XI, le charge de missions de confiance en 1371. Ce pape lui cède l'archidiaconat de Bourges ( le 9 février 1373 ). Puis plus important, il devient prévôt de Marseille (le 27 mai 1374 ), clé de la porte des Etats pontificaux. Il négocie avec le duc d'Anjou. Pierre de Cros le nomme: clerc de la chambre apostolique en 1376. Lors du départ de Grégoire XI pour Rome, en l'absence du camérier, les responsabilités reposent en partie sur ses épaules.
. Grégoire XI meurt au Vatican le 27 mars 1378. Urbain VI est élu pape. Robert de Genève, élu nouveau pape le 31 octobre 1378 nommé Clément VII, appele auprès de lui Pierre Girard,
Le 8 juin 1381, Pierre Girard est nommé nonce, il parcourt alors la France: en 1382, la situation est redevenue normale. A partir d'octobre 1381, on le retrouve dans des négociations de la cour pontificale avec Louis d'Anjou, avec les gens du roi,. Il négocie avec Marseille le ralliement avec le duc d'Anjou. Revenu à Paris pour préparer l'assemblée du clergé de France, il négocie un projet d'alliance avec Milan. .
Le 17 octobre 1382, Pierre Girard est nommé évêque de Lodève. Il est alors chargé de missions auprès de la cour de France. ( lettres scellées de l'anneau secret). Toujours nonce en 1385, et conseillé de la Chambre apostolique, il est chargé de vérifier les dire des créanciers et de résoudre les litiges. Il sera tranféré au siège du Puy le 18 août 1385. En 1386 il mène des négociations difficiles avec les gens du roi sur les charges de l'Eglise de France.
Le 25 août 1390, alors que Pierre est encore nonce, il reçoit le droit de délivrer diverses grâces aux évêques, ce qui est rarissime. Il est vrai que Pierre n'est plus un nonce ordinaire. Clément VII le récompense de son service continu en lui offrant le chapeau le 17 octobre 1390. En décembre il entre dans la curie et reçoit le titre de Saint-Pierre-aux-Liens. Il est du même coup reçu grand pénitencier. Le 14 décembre 1390, le pape confie en administration l'Eglise de Nîmes à Pierre Girard. Le pape Clément VII, le chargea de réformer l'université de Toulouse, il en rédigea les status en 1391, mais ils ne furent promulgués qu' en 1394. Quatre ans plus tard, dans son testament, il lui fait cadeau d'un superbe bréviaire et d'une relique de la vrai croix.
. Le cardinal de Lune qui monta sur le trône pontifical d'Avignon, le nomma grand pénitencier et Cardinal-évêque deTusculum ( Frascati). Benoît XIII composa une commission de 8 cardinaux chargés d'examiner les diverses voies susceptibles de conduire à l'union; Pierre Girard opine seulement pour une conférence entre cardinaux des deux collèges. La décision de se retirer de l'obédience mûrit peu à peu. Le 29 juillet 1398, le roi et l'Eglise de France retirent leur obédiance à Benoît XIII; au mois de septembre,17 cardinaux s'installent à Villeneuve-les-Avignons.
. Bulles du cardinal Girard pour la prévôté de Marseille (18 décembre 1404....1413). En 1407 Pierre Girard décide de construire son église, en même temps, la ville était dotée de franchises très libérales.
Pierre Girard est l'un des instigateurs de l'accord passé entre les deux sacrés collèges dissidents. Les cardinaux élaborent le concile de Pise . Le 29 juin, les six cardinaux clémentins et les six cardinaux urbanistes déclarent à Livourne, qu'ils s'étaient vus forcés de se séparer des deux pontifs, et promirent de poursuivre la voie de cession.
Si peut défendable que fût, en droit, cette décision, il répondait aux voeux d'un grand nombre de chrétiens.
Les lettres par lesquelles les cardinaux pisans firent connaître au monde entier qu'ils convoquaient un concile à Pise pour le printemps 1409 était un véritable manifeste. De nombreux pays se rallièrent au projet. L'ouverture du concile eu lieu du 25 mars au 7 août 1409. Ce qui frappe dans l'histoire de ce concile, c'est avant tout, l'unanimité de ses membres, des discours reflétant la même pensée. Le 26 juin , Philibert Philargès, cardinal de Milan fut élu et prit le nom d'Alexandre V. Il renouvela à Pierre Girard l'office de grand pénitencier.
Le 1er octobre 1409, Pierre Girard put voir flotter la banière de l'Eglise et celle d'Alexendre V sur le lieu même où, trente ans plus tôt , le schisme avait pris naissance: Rome.
Peu après son arrivé à Bologne, Alexandre V mort . Le 15 mai les cardinaux dont Pierre Girard, seul français, entrèrent en conclave et élirent Jean XXIII ( Baltazar Cossa ) le 17 mai 1410.
Le 7 novembre 1410 il teste à Bologne.Le cardinal dote sa fondation de messes et bénéficie d'une indulgence du pape Benoît XIII.. Des lettres d'amortissement lui furent accordées pour ses acquisitions par Charles VI en 1412.
Au Concile de Constance, Jean XXIII accepte de se soumettre le 25 mai et Grégoire XII abdique le 4 juillet. Benoît XIII sera déposé le 3 septembre 1417.
Girard P, en 1414 quitte le droit de chape d'Aix, construit le clocher des Doms en 1415 et décède le 9 septembre 1415 à Avignon âgé de 85 ans.
Dans dans ses dispositions de dernière volonté, il distribua tous ses biens à des fondations pieuses. Tous les auteurs qui ont parlés de lui, le représente comme un homme d'ordre et frugal. Sa vie fut consacré à concilier entre eux les princes chrétiens. Cet homme a cotoyé les plus grands personnages de son temps pendant plus de 30 ans. Cinq papes se sont entourés de ses services. et précieux conseils. En diplomatie, c'est Maître Girard que l'on sollicite.
Les gratitudes que les grands de l'époque lui ont témoigné prouvent ses talents de conciliateur. Ses largesses et ses dispositions testamentaires, n'ont cependant pas suffit à retenir une grande attention jusque là.
L'Eglise a certe connu des années difficiles; mais ce schisme a été résolu, il ne faut pas l'oublier. Pierre Girard a fortement contribué à ce fait.
Il nous reste aujourd'hui, de ce personnage haut en couleur sa collégiale. Pierre Girard qui a passé toute sa vie sur les routes et qui a tant participé à la résolution du schime, valait bien ces quelques considérations.
Pierre Girard avait choisi pour secrétaire et exécuteur testamentaire, un autre pelaud, Pierre Charpin qui devint à son tour grand pénitencier de Jean XXIIII.
L'évoquation de la trace matérielle de ce qui nous est resté fera parti d'une autre rubrique.